Ici, depuis mon atelier entouré de bois et d’oiseaux, je vous écris avec un sourire. Ce matin, je repensais à un message reçu en 2022 d’une personne impliquée à l’École alternative Le Papillon d’or, en Abitibi. Elle me demandait s’il serait possible d’impliquer ses élèves dans la construction de refuges à chauves-souris – un projet à la fois éducatif, manuel et tourné vers la nature.
Ce genre de demande me touche toujours, parce qu’elle incarne ce que j’appelle un jardin vivant : un lieu où la nature et les humains se rencontrent, apprennent, collaborent. Créer un jardin vivant, ce n’est pas seulement planter des fleurs. C’est observer, comprendre et agir ensemble, avec curiosité et respect du vivant.
L’idée d’un projet collectif tourné vers la nature
La personne contact, chargée du projet, m’avait expliqué qu’elle souhaitait faire participer des élèves de 4e, 5e et 6e année à un projet de construction de refuges à chauves-souris. L’objectif ? Sensibiliser les jeunes à la biodiversité locale, tout en leur permettant de manipuler, d’apprendre et de s’impliquer concrètement.
Comme les travaux manuels sont parfois difficiles à réaliser à l’école, elle m’a demandé si je pouvais leur envoyer les abris sous forme de kits à assembler, un peu comme un casse-tête.
Je n’avais jamais conçu de modèles DIY pour ce produit auparavant, mais j’ai tout de suite trouvé l’idée magnifique. J’ai donc préparé des kits complets : chaque pièce prépercée, numérotée, prête à être montée facilement. J’ai utilisé du pruche et du pin, des bois solides, pour garantir la durabilité des abris, tout en rendant leur assemblage accessible aux enfants.
Pour les accompagner, j’ai aussi créé une vidéo tutorielle, simple et claire, que les élèves pouvaient suivre pas à pas en classe.
Un apprentissage collectif et joyeux
Quelques semaines plus tard, j’ai reçu des photos de leurs réalisations : des sourires, et surtout des regards fiers. Ces jeunes avaient fabriqué de leurs propres mains un projet utile pour la faune locale.
Ce moment m’a profondément émue. Il m’a rappelé que le plus beau dans la création d’un jardin vivant, ce n’est pas la perfection du résultat, mais le processus collectif, la prise de conscience que chaque geste compte.
Ce projet a pu voir le jour grâce au soutien financier d’Eldorado Gold Québec, dans le cadre de son Programme de gestion de la biodiversité, qui vise à protéger et à préserver la nature autour de ses sites, en collaboration avec ses partenaires. Une belle vidéo témoigne de cette aventure éducative réalisée avec les élèves de la 1re à la 6e année de l’École Le Papillon d’or à Val-d’Or.
Voir la vidéo du projet sur YouTube
Redonner sa place à la nature, même à petite échelle
Ce projet m’a rappelé une chose essentielle : on peut agir pour la biodiversité sans avoir un grand jardin ou des hectares de forêt. L’important, c’est de créer des espaces accueillants pour le vivant — un balcon fleuri, un petit carré de verdure, un hôtel à insectes ou un refuge pour chauves-souris.
À travers Atelier Zabie, j’ai souvent accompagné des écoles et des municipalités qui souhaitaient transformer un simple terrain en espace éducatif et écologique. Chaque fois, la magie opère : les enfants observent, posent des questions, découvrent les abeilles, les vers de terre, les mousses, les chauves-souris…
Et soudain, la nature devient un sujet de curiosité et d’émerveillement, plutôt qu’un décor.
Observer, comprendre et cohabiter
Avant d’agir, j’aime observer. Observer, c’est apprendre à connaître le lieu, les plantes qui poussent déjà, les espèces qui y vivent. C’est aussi une manière d’apprendre la patience et le respect.
Un jardin vivant, qu’il soit à l’école ou chez soi, n’est pas un espace parfaitement ordonné. C’est un lieu d’expérimentation et de cohabitation. On y laisse un tas de feuilles au sol, un coin d’ombre, des morceaux de bois mort — ces “imperfections” sont en réalité des refuges essentiels pour la vie.
Ce que j’ai vu à l’École Le Papillon d’or, c’est cette même philosophie en action : des enfants qui découvrent, s’impliquent et redonnent un peu de place à la nature dans leur quotidien.
Planter local, penser durable
Les plantes locales jouent un rôle central dans tout projet de biodiversité. Elles nourrissent les insectes du territoire, attirent les pollinisateurs et favorisent la résilience des écosystèmes. C’est cette logique que nous avons continué à suivre en 2026, lorsque la même enseignante m’a recontactée pour un nouveau projet d’hôtels à insectes. Même concept : des kits numérotés, une vidéo explicative, et beaucoup d’enthousiasme. Voir la continuité de cet engagement est l’une des plus grandes récompenses de mon travail.
Le rôle du geste quotidien
Qu’il s’agisse d’élèves, de familles ou de municipalités, tout commence par un petit geste. Un refuge à chauves-souris, un bac de fleurs indigènes, un coin laissé libre, un atelier partagé. Ces actions modestes ont un pouvoir immense : elles éveillent la conscience et créent un lien durable avec la nature.
Créer un jardin vivant, ce n’est pas seulement embellir un espace. C’est réapprendre à vivre avec le vivant.
Ensemble, faisons grandir la biodiversité
Chaque projet collectif me rappelle que la biodiversité, c’est avant tout une histoire de relations humaines. Quand nous collaborons — enseignants, élèves, partenaires, collectivités —, nous semons bien plus que des graines : nous semons la curiosité, la fierté, et l’envie d’agir.
Chez Atelier Zabie, nous croyons que chaque mètre carré, chaque école, chaque balcon peut devenir un refuge pour la vie. Et c’est en racontant ces histoires, comme celle du projet de l’École Le Papillon d’Or, que nous espérons inspirer d’autres à se lancer.
Une aventure humaine au cœur de la nature
Créer un jardin vivant, c’est avant tout une aventure humaine. C’est découvrir qu’à travers nos gestes, petits ou grands, nous pouvons faire une vraie différence. Ces enfants de Val-d’Or l’ont prouvé : en fabriquant des refuges pour les chauves-souris, ils ont non seulement soutenu la faune locale, mais aussi appris la beauté du vivant.
Et vous, quelle petite action entreprendrez-vous pour faire grandir la biodiversité autour de vous ? Contactez-nous et nous vous accompagnerons tout au long du processus.

